Une longue
histoire !
L’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son est l’héritière de plus de 45 ans de luttes des techniciens de l’image et du son en vue de se pourvoir d’une association qui puisse défendre leurs intérêts.
Dès le début des années 60, un groupe de
techniciens pigistes travaillant autant à
l’Office national du film et à
Radio-Canada qu’au secteur privé qui
en était à ses premiers balbutiements sent le besoin
de se rassembler afin de pouvoir établir les bases de
relations de travail plus équilibrées avec les
différents employeurs.
1963 : création de l’Association professionnelle des cinéastes
Une première association,
l’Association professionnelle des
cinéastes (APC), voit le jour en 1963. Ce premier
effort amènera la première accréditation
syndicale, obtenue par le Syndicat général du
cinéma et de la télévision en vertu
de la loi des relations publiques de la fonction publique
fédérale et ne couvrira que les activités de
l’Office national du film (ONF).
1970 : naissance du Syndicat national du cinéma
1970 voit la naissance du Syndicat national du
cinéma (SNC) regroupant les techniciens pigistes et
qui sera incorporé en vertu de la loi des syndicats
professionnels de la province de Québec. La première
convention collective signée le sera avec un producteur
américain. En effet, appuyé par la
Fédération québécoise de
l’industrie du cinéma, le SNC naissant
comprend la nécessité d’une
représentation locale des techniciens pour contrer les
velléités de syndicats américains de
s’établir au Québec.
Suivront une série d’ententes
négociées production par production à
défaut de pouvoir acquérir une
accréditation permettant la négociation d’une
entente avec l’ensemble des producteurs. Le régime de
négociation prévu par le code du travail ne le
permettant pas.
En 1973, le SNC entreprend de négocier une entente
collective avec l’Association des producteurs de film
du Québec (APFQ). Cette négociation sera
rompue par l’APFQ en 1974 empêchant la signature
d’une première entente.
1976 : fondation de l'Association des professionnels du cinéma du Québec
En réaction, les techniciens tentent
d’imposer en 1975 une convention collective à tous les
producteurs. S’ensuivent une série d’actions
afin de forcer les producteurs à signer des contrats SNC.
Cette position ne faisant pas l’affaire de tous, une partie
des membres fondent en 1976 l’Association des
professionnels du cinéma du Québec (APCQ)
qui s’implante surtout au niveau de la publicité, des
productions anglophones et des coproductions.
La même année, le SNC signe finalement une
première entente collective avec l’APFTQ, entente
civile car les lois du travail empêchent une
accréditation normale pour les travailleurs autonomes.
Entretemps, le SNC s’affilie à la CSN afin de
profiter de services spécialisés en relations de
travail. L’entente collective est renouvelée en
1979.
Durant les années suivantes, la situation est difficile
sur les plateaux : la présence de deux syndicats et le
concept de majorité de plateau ouvrent la porte à une
multitude de permissionnaires et de nouveaux membres. De plus,
plusieurs producteurs non-membres de l’APFTQ produisent sans
contrat SNC et hypothèquent le fragile équilibre de
pouvoir qui s’établissait entre producteurs et
techniciens. Sans compter que la production diminue, amenant pour
plusieurs de difficiles périodes de chômage alors
que les frais d’affiliation coûtent très
cher.
1983: création du Syndicat des techniciens du cinéma du Québec
Les membres des deux associations, APCQ et SNC
décident en 1983 de se fusionner sous l’appellation
Syndicat des techniciens du cinéma du
Québec (STCQ) et de quitter la CSN.
Au début de 1987 une nouvelle entente, toujours un
contrat civil, est signé avec l’APFTQ. Un peu plus
tard, le STCQ ajoute la vidéo à son champ
d’activité et devient le Syndicat des
techniciens du cinéma et de la vidéo du
Québec (STCVQ).
En fin d’année, sous la pression insistante de
l'UDA, le gouvernement du Québec, reconnaissant
l’impossibilité pour les travailleurs autonomes de
l’industrie de la scène, du disque et du cinéma
de faire reconnaître leurs droits avec le Code du
travail, vote la Loi sur le statut professionnel et les
conditions d'engagement des artistes de la scène, du disque
et du cinéma . La Loi sur le statut de
l'artiste est née. Elle permettra aux techniciens
du secteur reconnus artistes d’obliger les associations de
producteurs à négocier des ententes avec les
associations représentatives des différentes
catégories d'artistes.
En juillet 1989, le STCVQ obtient de la Commission de
reconnaissance des associations d’artistes et des
associations de producteurs (CRAAAP) sa reconnaissance
comme association d’artiste pour le secteur de la production
film. Seize fonctions seront reconnus artistes à l'origine,
sur une demande en comportant soixante cinq.
En 1991, ne se reconnaissant pas dans le STCVQ, les
techniciens œuvrant sur les productions tournées sur
d’autres supports que le film fondent
l’Association des professionnels de la vidéo
du Québec (APVQ). En juillet 1993, l’APVQ
obtient sa reconnaissance de la CRAAAP pour le secteur de
production sur support magnétoscopique. La CRAAAP
délimite ainsi les champs d'application des juridictions en
utilisant les supports de l'œuvre comme
référence. L’APVQ signe sa première
convention collective avec l’APFTQ en août 1996.
2004: naissance de l'AQTIS
L’évolution technologique rend obsolète la
séparation des types de productions par supports et
amène les deux associations de techniciens à se
fusionner en 2004 pour former l’Alliance
québécoise des techniciens de l’image et du
son (AQTIS).
Le processus de fusion s’avère plus complexe que
prévu et la nouvelle association peine à amener les
techniciens et les employés des deux anciennes associations
à matérialiser l’unification. De plus, les
niveaux de production, jusque là en hausse constante,
s'effondrent dramatiquement. L'année est
financièrement éprouvante pour les techniciens, et
conséquemment, pour l'association.
2005-2008 : mésentente entre l'AQTIS et l'AIEST
En février 2007, devant la menace de perte
d’emplois massive liée à la crainte
des producteurs américains de tourner au Québec,
l’AQTIS demande l’intervention directe du gouvernement
du Québec afin de résoudre le problème
créé par l'existence de deux lois concurrentes
régissant notre milieu. Le gouvernement met en place un
comité qui a pour mandat de préparer une mise
à jour du contexte législatif afin de rétablir
la paix industrielle dans le milieu de la production
cinématographique et télévisuelle au
Québec. Cela résultera en la
présentation d’une nouvelle loi ou de modifications
à loi actuelle, que nous espérons plus claire et
équitable pour tous afin d’aider à remettre
notre milieu sur la bonne voie.
2008 : partage de juridiction
entre l'AQTIS et l'AIEST
A l'été 2008, les deux syndicats arrivent à
une entente et signeront en septembre de la même
année, une entente temporaire délimitant la
juridiction de l'AIEST dans certains secteurs des tournages
américains, en attendant l'adoption de modifications
législatives prévues pour le printemps 2009.Ces trois années de lutte fratricide ont
mobilisé les ressources de l’AQTIS, ressources
qui ont été détournées
d'une multitude de dossiers importants pour les membres
dont ceux essentiels de la concrétisation de la fusion
et de l'amélioration continue des services offerts aux
membres.
Cependant, à la fin de 2008, L’AQTIS est
engagée dans le dernier droit de la restructuration de
ses services et considère que son expertise, les
services auprès des membres, l'ont rendue plus forte et unie
contre cette tempête. L'AQTIS est et demeure l'association la
plus sérieusement appliquée à défendre
les intérêts de ses membres, en tant que partenaire
industriel, sur les tribunes politiques, en ces temps de mouvances
technologiques et réglementaires.
L’AQTIS représente plus de 3 000 artistes créateurs, artisans et techniciens dans au moins 126 métiers différents dans les décors, les maquillages, coiffures, caméra, son, scriptes, assistance à la réalisation, technique et éclairage, montage, régie, postproduction, régie TV et production TV.



