L'association

L'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS) est l’association reconnue pour représenter quelque 6200 artisans pigistes de plus de 134 métiers liés à la conception, la planification, la mise en place ou la réalisation d'une production audiovisuelle. Elle représente, défend et soutient leurs intérêts auprès des différents interlocuteurs, leur offre un filet social et négocie des ententes collectives précisant les conditions de travail qui doivent s’appliquer à eux.

Les membres de l'AQTIS sont actifs dans les principaux départements associés à la production cinématographique et télévisuelle :

  • Caméra
  • Coiffure/maquillage
  • Continuité
  • Costumes
  • Post-production
  • Production TV
  • Réalisation
  • Régie TV
  • Régie/production
  • Scénographie/décors
  • Son
  • Technique
  • Transport

L'AQTIS est née du besoin des professionnels pigistes de se rassembler afin de trouver des solutions communes aux défis auxquels ils font face. Elle se veut un outil collectif de réflexion, d'action et de promotion pour l'ensemble des techniciens œuvrant dans l'industrie de l'image et du son et ce, quelle que soit leur fonction ou leur secteur d'activités.

Dans le cadre de son mandat syndical, l'AQTIS détient, en vertu de la Loi sur le statut de l'artiste du Québec, les reconnaissances de représentation exclusive pour les secteurs de création artistique dans le domaine de l'enregistrement d'œuvres de type cinématographique utilisant l'image et le son. Elle détient également de telles reconnaissances en vertu des lois fédérales.

Historique

Une longue histoire !

L'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son est l'héritière de plus de 45 ans de luttes des techniciens de l'image et du son en vue de se donner une association pour défendre leurs intérêts.

Dès le début des années 1960, un groupe de techniciens pigistes travaillant autant à l'Office national du film et à Radio-Canada qu'au secteur privé qui en était à ses premiers balbutiements sent le besoin de se rassembler afin d'établir les bases de relations de travail plus équilibrées avec les différents employeurs.

1963 : création de l'Association professionnelle des cinéastes

Une première association, l'Association professionnelle des cinéastes (APC), voit le jour en 1963. Cette démarche mènera à la première accréditation syndicale, obtenue par le Syndicat général du cinéma et de la télévision en vertu de la loi des relations de travail de la fonction publique fédérale et ne couvrira que les activités de l'Office national du film (ONF).

1970 : naissance du Syndicat national du cinéma

1970 voit la naissance du Syndicat national du cinéma (SNC) regroupant les techniciens pigistes. Il sera incorporé en vertu de la loi des syndicats professionnels du Québec. La première convention collective sera signée avec un producteur américain. En effet, appuyé par la Fédération québécoise de l'industrie du cinéma, le SNC naissant comprend la nécessité d'une représentation locale forte des techniciens pour contrer les velléités de syndicats américains de s'établir au Québec.

Suivront une série d'ententes négociées production par production à défaut de pouvoir acquérir une accréditation permettant la négociation d'une entente avec l'ensemble des producteurs. Le régime de négociation prévu par le code du travail ne le permettant pas.

En 1973, le SNC entreprend de négocier une entente collective avec l'Association des producteurs de film du Québec (APFQ). Cette négociation sera rompue par l'APFQ en 1974 empêchant la signature d'une première entente.

1976 : fondation de l'Association des professionnels du cinéma du Québec

En réaction, les techniciens tentent d'imposer en 1975 une convention collective à tous les producteurs. S'ensuivent une série d'actions afin de forcer les producteurs à signer des contrats SNC. Cette position ne faisant pas l'affaire de tous, une partie des membres fondent en 1976 l'Association des professionnels du cinéma du Québec (APCQ) qui s'implante surtout en publicité sur les productions anglophones et les coproductions.

La même année, le SNC signe finalement une première entente collective avec l'APFTQ, entente civile car les lois du travail empêchent une accréditation normale pour les travailleurs autonomes. Entretemps, le SNC s'affilie à la CSN afin de profiter de services spécialisés en relations de travail. L'entente collective est renouvelée en 1979.

Durant les années suivantes, la situation est difficile sur les plateaux : la présence de deux syndicats et le concept de majorité de plateau ouvrent la porte à une multitude de permissionnaires et de nouveaux membres. De plus, plusieurs producteurs non-membres de l'APFTQ produisent sans contrat SNC et hypothèquent le fragile équilibre de pouvoir qui s'établissait entre producteurs et techniciens. Sans compter que la production diminue, amenant pour plusieurs de difficiles périodes de chômage alors que les frais d'affiliation coûtent très cher.

1983: création du Syndicat des techniciens du cinéma du Québec

Les membres des deux associations, APCQ et SNC décident en 1983 de se fusionner sous l'appellation Syndicat des techniciens du cinéma du Québec (STCQ) et de quitter la CSN.

Au début de 1987, une nouvelle entente, toujours un contrat civil, est signée avec l'APFTQ. Un peu plus tard, le STCQ ajoute la vidéo à son champ d'activité et devient le Syndicat des techniciens du cinéma et de la vidéo du Québec (STCVQ).

En fin d'année, sous la pression notamment de l'UDA, le gouvernement du Québec, reconnaissant l'impossibilité pour les travailleurs autonomes de l'industrie de la scène, du disque et du cinéma de faire reconnaître leurs droits avec le Code du travail, vote la Loi sur le statut professionnel et les conditions d'engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma. La Loi sur le statut de l'artiste est née. Elle permettra aux techniciens du secteur reconnus artistes d'obliger les associations de producteurs à négocier des ententes avec les associations représentatives des différentes catégories d'artistes.

En juillet 1989, le STCVQ obtient de la Commission de reconnaissance des associations d'artistes et des associations de producteurs (CRAAAP) sa reconnaissance comme association d'artiste pour le secteur de la production film. Seize fonctions seront reconnues artistes à l'origine, sur une demande en comportant soixante-cinq.

En 1991, ne se reconnaissant pas dans le STCVQ, les techniciens œuvrant sur les productions tournées sur d'autres supports que le film fondent l'Association des professionnels de la vidéo du Québec (APVQ). En juillet 1993, l'APVQ obtient sa reconnaissance de la CRAAAP pour le secteur de production sur support magnétoscopique. La CRAAAP délimite ainsi les champs d'application des juridictions en utilisant les supports de l'œuvre comme référence. L'APVQ signe sa première convention collective avec l'APFTQ en août 1996.

2004: naissance de l'AQTIS

L'évolution technologique rend obsolète la séparation des types de productions par support et amène les deux associations de techniciens à se fusionner en 2004 pour former l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS).

Le processus de fusion s'avère plus complexe que prévu et la nouvelle association peine à amener les techniciens et les employés des deux anciennes associations à matérialiser leur union. De plus, les niveaux de production, jusque-là en hausse constante, s'effondrent dramatiquement. L'année est financièrement éprouvante pour les techniciens, et conséquemment, pour l'association.

2005-2008 : MÉSENTENTE ENTRE  l'AQTIS et l'AIEST 

Fin 2005, profitant de cette période difficile, certains techniciens ouvrent une section locale de l'Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma (AIEST), provoquant une situation qui met en péril la paix industrielle dans le secteur des productions américaines qui se tournent au Québec. S'ensuivent une série de rencontres de négociation afin de parvenir à une entente entre les deux associations sous la supervision d'un médiateur nommé par le gouvernement. Les parties ne parviennent pas à trouver une solution à la situation. L'AIEST dépose des demandes à la Commission des relations du travail (CRT) pour obtenir la représentation syndicale des techniciens. L'AQTIS défend les reconnaissances exclusives qu'elle détient. Le conflit est devant les tribunaux et confronte deux lois du Québec régissant la représentation syndicale.

En février 2007, devant la menace de perte d'emplois massive liée à la crainte des producteurs américains de tourner au Québec, l'intervention directe du gouvernement du Québec est demandée afin de résoudre le problème créé par l'existence de deux lois concurrentes régissant le milieu. Le gouvernement met en place un comité qui a pour mandat de préparer une mise à jour du contexte législatif afin de rétablir la paix industrielle dans le milieu de la production cinématographique et télévisuelle au Québec.

2008 : partage de juridiction entre l'AQTIS et l'AIEST

À l'été 2008, les deux syndicats arrivent à une entente et signeront en septembre de la même année, une entente temporaire délimitant la juridiction de l'AIEST dans certains secteurs des tournages américains, en attendant l'adoption de modifications législatives prévues pour le printemps 2009.

En 2014, l'entente de paix syndicale prend fin ouvrant la porte au maraudage intersyndical.

2012 : CONSOLIDATION DE L’AQTIS

L'AQTIS a procédé à une restructuration de ses services. Elle a signé des ententes collectives dans les secteurs de la télévision, du cinéma, de la publicité, son expertise, les services auprès des membres, l'ont rendue plus forte et solidaire. L'AQTIS demeure l'association la plus sérieusement appliquée à défendre les intérêts de ses membres, en tant que partenaire industriel, sur les tribunes politiques, en ces temps de mouvances technologiques et règlementaires.

Elle a développé une offre de services tant en termes de relations de travail (négociation, application, syndicalisation, SST) que d’aide à l’emploi (système d’engagement des techniciens SET), d’avantages sociaux (assurance et RÉR collectifs) et d’outils de communications Web et mobiles.

L'AQTIS représente plus de 6 200 artistes créateurs, artisans et techniciens dans au moins 134 métiers différents dans les décors, les maquillages, coiffures, caméra, son, scriptes, technique et éclairage, lieux de tournage, montage, régie, postproduction, régie TV et production TV.